Retour sur le Paléo : Orelsan et Roméo Elvis

Crédit photo: Orelsan © Lionel Flusin

A l’affiche de vendredi dernier et ce, pour mon plus grand bonheur, Orelsan et Roméo Elvis promettaient d’enflammer la Plaine de l’Asse. Les deux rappeurs, l’un français et connu depuis une dizaine d’années déjà et le deuxième, belge, connu plus récemment, nous assuraient de ne pas regretter notre venue au festival, malgré des prévisions météorologiques douteuses.

Orelsan : 10 ans de rap français toujours à la hauteur de nos attentes

Entrée en force pour le rappeur de 36 ans qui commence le concert avec San, morceau de son album La fête est finie, sorti en 2017. Le ton du concert est immédiatement donné ; ça va être le feu ! Orelsan interprète musique après musique, se donnant au maximum sur scène, vivant chacun de ses sons, son énergie gagnant rapidement le public. Public qui, d’ailleurs, le lui rend bien en ne ratant jamais un couplet quand la parole lui est donné ; même les rangs les plus éloignés de la scène suivent le mouvement.

Avec Basique pour deuxième titre, il ne fait que confirmer l’engouement qu’il provoque dans la foule ; tout le monde se déchaîne et le concert n’a commencé que depuis 5 minutes ! Assez rapidement, le chanteur nous présente son équipe dont, notamment, Skread qui le suit depuis ses débuts et que l’on peut d’ailleurs apercevoir dans Comment c’est loin, son film sorti en 2015 et retraçant ses débuts avec Gringe dans le duo des Casseurs Flowters.

Raelsan / Orelsan © Nicolas Patault

Bien que j’aie récemment vu son concert lors de Festi’neuch en juin dernier, ce premier concert de la soirée me fascine à nouveau. Aurélien Cotentin, de son vrai nom, ne déçoit aucune des attentes que je peux avoir en venant le voir et ce, malgré toutes les années de carrière derrière lui et un style, il faut le dire, différent de celui qui l’a fait connaître. Il en fait d’ailleurs mention dans le morceau Le Chant des Sirènes : « Mes ex-fans déçus cherchent le Orelsan du début / Mais même-moi je crois que je l’ai perdu ». Ce qui est sûr, c’est que bien que l’artiste ait évolué au fil des années, j’étais tout sauf déçue !

Le concert ne contient cependant pas que des morceaux explosifs comme ceux mentionnés jusqu’à maintenant ; il alterne avec des morceaux plus touchants comme Tout va bien, ou encore Paradis, où les lumières dans le public sont de rigueur, ou finalement Notes pour trop tard, morceau phare de son dernière album La fête est finie.

Bonne Meuf / Orelsan © Nicolas Patault

Les effets visuels et les lumières jouent aussi un grand rôle lors de ce concert, évoluant au rythme de la musique comme dans Bonne Meuf ou encore Défaite de famille. Une chose à déplorer serait peut-être la qualité du son lors de certaines musiques, sa voix étant parfois couvertes par les basses. Le concert se termine presque, Orelsan nous annonçant son dernier morceau mais enchaînant encore avec La Terre est Ronde puis La fête est finie, pour le plus grand plaisir du public. Il quitte la scène après avoir remis le feu une dernière fois avec Basique, sous les cris du public scandant en cœur : Aurélien, une chanson, Aurélien, une chanson !

Roméo Elvis : La montée en puissance du rap belge

Il aura fallu être patient pour voir Roméo Elvis ce soir-là. En effet, programmé à 1h30 du matin, j’aurai eu le temps de m’en réjouir toute la soirée (et je remercie la météo d’avoir finalement été avec nous jusqu’au bout). Il arrive sur scène en interprétant Dessert, extrait de son album Morale 2luxe. Dès les premières minutes de son concert, les gens sont totalement transportés grâce à son énergie incroyable et, surtout, à sa gestuelle parfaitement maîtrisée qui lui est caractéristique.

Roméo Elvis © Ludwig Wallendorff

Le concert se poursuit avec Jaloux, puis BB aime la drogue, morceaux faisant écho à sa copine actuelle, Léna Simonne. Adepte des pogos (d’ailleurs il ne manque pas d’interpréter son morceau du même nom !), Roméo Elvis communique avec le public tout le long du concert en lui demandant de s’écarter puis de se foncer dedans, s’adressant même personnellement à certaines personnes dans la foule.

Véritable boule d’énergie sur scène, il emporte le public dans sa folie. Bien qu’une bonne partie de ses morceaux mettent le feu, il interprète aussi des sons plus calmes où l’on peut d’avantage apprécier sa voix grave, comme Respirer ou Drôle de question qu’il interprète avec sa guitare et où il place deux dédicaces, une pour son ami Lomepal avec un court passage de Yeux Disent et une partie de Macarena, de Damso.

Roméo Elvis © Ludwig Wallendorff

Moment de douceur du concert : le morceau J’ai vu, qui nous fait regretter l’absence de sa sœur, Angèle, qui perce depuis peu dans la musique et qui était d’ailleurs aussi présente au Paléo. Entre musiques qui font danser et chansons plus posées, son concert est à son image : sérieux par moments et déchainé par d’autres.

On apprécie aussi les paroles de ses musiques, comme le morceau Ma tête traduisant son ressenti intérieur et faisant référence à l’acouphènes dont il souffre : Mes problèmes d’oreilles sont plus forts depuis mes 20 ans / J’espère arriver à percer avant mon tympan. Roméo prend le temps de dire à son public qu’il fait plaisir, le fait s’abaisser puis se lever, en véritable communion avec lui (d’ailleurs il ne manque pas de se jeter dans la foule comme il aime le faire). Tout comme Orelsan cependant, quelques petits problèmes de son font leur apparition, surtout au début du concert.

Seule déception du concert ; en tant que fan, j’attendais forcément qu’il interprète, comme Lomepal l’a fait cette année au MJF, sa Colors Session, 300, sortie 10 jours plus tôt et ayant atteint le million de vue en un temps record. Je repars néanmoins à 2h30 du matin, lessivée mais ravie : Roméo Elvis : c’est un nom à retenir et une énergie débordante de positivité qu’il faut aller voir en concert !

Leila Rossato

Laisser un commentaire