Récit d’un voyage sac à dos – le Vietnam 

Après plusieurs années passées à l’université avec comme routine quotidienne le fameux « métro boulot dodo », j’ai eu envie de faire quelque chose qui me sortait de celle-ci, des paysages que je voyais depuis si petite et des gens que je connaissais depuis si longtemps. Je me suis donc dit qu’aller m’aventurer de l’autre côté de la planète ne pouvait pas me faire de mal. En réfléchissant à la destination, j’ai pensé à l’Asie; pourquoi pas après tout? J’adore la cuisine asiatique (nouilles et nems font mon bonheur, bravo les clichés!), le froid caractéristique de notre cher pays y est inexistant et, selon différents avis récoltés (et une bonne dose de recherches Google), il y avait pas mal de belles choses à voir là-bas. Après avoir convaincu mon copain de me suivre et quelques discussions plus tard, la décision finale se porte sur le Vietnam : c’est parti pour l’organisation!

Pour être franche, au début tu ne sais jamais vraiment par quoi démarrer; il est déjà difficile de faire ta valise quand tu pars chiller deux semaines en Espagne, alors je te laisse imaginer quand tu ne sais pas vraiment où tu vas atterrir (et que tu ne disposes cette fois que d’un sac à dos). Concernant les choses concrètes comme le billet d’avion et le visa, c’est plutôt simple; un protocole à suivre, un peu de paperasse et le tour est joué. Par contre pour la suite, la galère commence. Étant donné qu’on a dû patienter plusieurs mois avant le grand départ, on disposait de suffisamment de temps pour s’organiser. Pour la préparation, je me suis un peu basée sur des forums et autre avis et (heureusement) sur mon bon sens. Après avoir élaboré une liste plutôt longue de ce qu’il me fallait pour vivre un mois, il ne restait plus qu’à préparer le sac !

DEPART !

Fin juillet, nous voilà à l’aéroport la tête remplie de suppositions sur ce qui nous attendait ; Ah, si seulement on savait! On s’est assez vite rendu compte que quand tu n’as jamais quitté ton continent en mode sauvage (car les vacances au soleil tous frais payés par papa, maman ne comptent pas, bien évidemment) t’es plein de fausses croyances sur ce que c’est de vraiment voyager, en fait. Il ne suffit pas d’acquérir un petit Routard ou autre guide quelconque et de s’y remettre pour savoir où aller et comment t’en sortir. C’est pour ça que de mon point de vue, il y a quelques petits essentiels à acquérir (ou à garder en tête si tu les a déjà acquis) lorsque tu entreprends ce genre de périple.

la famille

Marché du dimanche de Bac-Ha © Leila Rossato

Les essentiels à adopter pour le voyage

Les maîtres mots qui, selon moi, doivent t’accompagner tout au long de ton trajet sont la patience et, SURTOUT, la zen attitude. Ça, tu le comprends à peu près dès que tu débarques. Quand la seule chambre d’hôtel que tu as réservée s’avère ne plus exister (no room, sorry Sir) et que tu viens de te taper un voyage d’environ 20h, va falloir y aller tranquille. Ensuite, vient la méfiance (à petite dose) qui va de pair avec la confiance (si si, crois-moi). Quand le gars de l’hôtel te transfère dans un autre hôtel (qui n’a pas l’air d’en être un) et que d’entrée, on te « confisque » ton passeport, t’es plutôt tendu. J’ai dit à petite dose car finalement tu t’habitues assez vite à leurs coutumes et bon, faut pas se méfier de tout non plus (donc pas de panique, on va te le rendre!!). Sois sur tes gardes surtout quand tu sens l’embrouille ; fie-toi à ton instinct mais apprends aussi à faire confiance aux locaux (ils ne sont pas tous là pour t’arnaquer!). D’ailleurs, accorde aussi ta confiance aux chauffeurs de bus, mais si tu es sujet au mal des transports munis-toi d’un sac plastique. Sur les routes vietnamiennes, il va falloir t’accrocher! Tu vas sentir chaque virage dans ton estomac et avoir plusieurs fois l’impression que « non, ce n’est pas possible qu’on évite le camion d’en face en étant à contre-sens » mais en fait si! Le chauffeur gère parfaitement le rabattage sur la droite à la dernière (à ton plus grand étonnement et soulagement par la même occasion).

Sanctuaire de My Son © Leila Rossato

Une autre des attitudes à adopter est l’ouverture. Que ce soit vis-à-vis des autres, de la nourriture ou des modes de vie. Les locaux (et même les touristes qui ont voyagé avant toi) sont tes meilleurs amis ; n’hésite pas à leur demander de l’aide pour des questions de parcours (ou toutes autres questions d’ailleurs).

Concernant la nourriture, goûte ! Plus facile à dire qu’à faire à première vue, mais je faisais aussi partie des « fines bouches » avant de partir. Un voyage, ça élargit énormément ton horizon culinaire; quand tu vois quelqu’un ouvrir un poisson devant toi et gober ses entrailles d’un coup, tu te dis que finalement « ce petit morceau de sang de poulet séché qu’on te propose, ce n’est pas un si mauvais compromis ».

Niveau organisation, il ne faut pas être trop à cheval sur ton programme, ni faire partie de la team « post-it » (tu sais, ceux qui étiquètent méticuleusement leur guide de voyage par lieu, date et heure de visite avant de partir). Un petit conseil serait de prévoir large afin de contrer les imprévus et d’avoir le temps de découvrir le pays à ta guise. Sois confiant ; même si à première vue leur organisation paraît comparable à celle des CFF et leurs horaires, tu arriveras la plupart du temps à l’endroit voulu au moment voulu (même si pour cela tu dois passer par plusieurs pourparlers). Ce qui m’amène à une autre règle d’or en voyage ; la négociation! Négocie, encore et encore et encore!! Ne te gêne pas ; c’était un des domaines qu’il m’était le plus difficile d’apprivoiser sur place. Tu peux être porté à croire que « Finalement, tout est bien moins cher que chez-nous, pourquoi négocier pour tout et pour rien ?! ». N’oublie pas que la plupart des prix qui te sont annoncés ont déjà triplé à la simple vue de ta chère tête blonde. Et bon, payer ton transat sur la plage plus cher que ta chambre d’hôtel faut pas pousser non plus!

Fais preuve d’inventivité, c’est quelque chose qui va t’être très utile pour contrer les imprévus. Car oui, même quand on te débarque au milieu de la nuit au bord d’une route dans un village perdu où, qui plus est, tout est fermé, tu trouveras une solution pour dormir. Mon avantdernier conseil serait de veiller à t’adapter; autant dans ta manière d’être que concernant la langue (car non, l’anglais, bien que langue reconnue dans bon nombre de pays n’est pas maîtrisée partout et oui, il va falloir t’essayer à la langue des signes pour te faire comprendre). Finalement, amuse-toi! C’est bien pour cela que tu as décidé de partir non? Même si ça fait cul-cul dit comme ça, profite de chaque moment, même les moments de galère (tu en rigoleras plus tard!). Ne passe pas à côté d’expériences géniales par retenue ou par gêne. Des airs cons tu vas t’en payer, crois-moi. Mais même après que les employés d’un garage où tu viens de louer un scoot remarquent que tu n’es pas capable de le démarrer, ou encore quand tu dois t’essayer au karaoké devant un petit comité, tu survivras et t’auras bien rigolé!

Quelque part sur China Beach, le long de la route Hué-Hoi An © Leila Rossato

Bilan post-expérience

T’es fatigué, un brin couvert de piqûres de moustiques et de coups de soleil, mais tellement heureux!  Après ce voyage je me rends compte que chez-nous, au quotidien, peu importe ce qu’il t’arrive tu peux compter sur tes proches pour t’aider ou encore t’appuyer sur le système de règles du pays qui t’es familier depuis si longtemps. Mais à plusieurs milliers de kilomètres de chez toi, ton seul pilier et allié est la personne qui t’accompagne. Ce qui m’amène au point central de ce récit: le choix de l’acolyte qui partagera ton aventure. Parce que oui, il  a beau y avoir plein de gens ici avec qui tu te tapes des barres, tu vas vite te rendre compte que tu ne pourrais pas tous les embarquer dans la danse. Que ce soit ton copain/copine, ton meilleur pote, ton voisin ou ton frère, réfléchis bien ! Au final, le nombre de tubes de crème solaire que tu prends avec c’est bien dérisoire!

Leila Rossato

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