MJF 2018 : Les ténèbres de Lebanon Hanover

Crédit photo: Lebanon Hanover au Lisztomania le 11 juillet 2018 @ 2018 FFJM-Emilien Itim

Nous découvrions le groupe britannico-allemand Lebanon Hanover lors d’un concert au Montreux Jazz Festival le mercredi 11 juillet dans la salle Lisztomania. Le duo, formé de Larissa Georgiou et William Morris, a sorti plus tôt cette année son album Let Them Be Alien. En première partie, on retrouvait le post-punk efficace des genevois de Future Faces. Arrivés en retard, on a été convaincu par les dix dernières minutes de leur prestation. Quelques heures avant minuit, les vampires de la nuit que sont les membres de Lebanon Hanover sortent de leurs tombeaux pour obscurcir la lune. Noir, c’est noir. Le duo était plutôt réservé sur scène. Un simple « bonjour Montreux » de la part du chanteur-bassiste surnommé William Maybelline (peut-être à cause du khôl sur ses yeux) et le concert est lancé. Larissa Iceglasse, au chant et à la guitare, porte également bien son nom. En retrait, ils laissent la part belle à leur musique enténébrée qui se trouve dans le sillage de The Soft Moon, The KVB ou encore She Past Away.

Lebanon Hanover au Lisztomania le 11 juillet 2018 @ 2018 FFJM-Emilien Itim

On découvre la plupart de leurs chansons pendant leur performance. Certains morceaux sont reconnaissables, comme Gallowdance et Alien. Le concert a, d’autre part, attiré un public assez différent des habitués du festival montreusien : des gothiques-punks se pressent, en effet, vers la scène. Le groupe distille sa coldwave/darkwave dans la salle bondée. Leur musique a néanmoins du mal à se démarquer d’autres groupes du même genre, ce que l’on regrette quelque peu. Le groupe américain The Soft Moon nous paraît, par exemple, plus audacieux. C’est comme si le poids de la tradition post-punk était trop lourde pour que Lebanon Hanover s’en libère. Après avoir quitté la scène, ils sont fortement sollicités par le public pour faire un rappel. Le rythme lent et dépressif de la chanson †o†ally †o† contraste avec les mouvements de danse désarticulés du bassiste qui rappelle dangereusement ceux du chanteur de Joy Division, Ian Curtis. Les paroles de ce morceau nous hypnotisent rapidement : « In the city / I am tot / totally tot / On the dancefloor / I am tot / totally tot ». Ténèbres morts dans la nuit.

Janett Donis

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