Bucarest, tu connais?

Oui, oui tu as bien lu. Il n’est pas question dans cet article de Budapest, célèbre capitale de la Hongrie. Ceci car, justement, cette dernière est une ville connue et que cet article vise à te faire découvrir une ville et un pays peu populaires. Ce pays, si ta culture géographique te pose une colle, c’est la Roumanie. Eh oui, pas commun non ? T’y étais presque, c’est ça ? La plupart des gens à qui j’ai dit que je partais en voyage là-bas m’ont d’ailleurs dit « Ah oui, c’est, en Hongrie non ? Ah non c’est l’autre, bon ce n’est pas loin, à l’est en tout cas !! » Bingo, la Roumanie est en effet un des pays limitrophes de la Hongrie, mais aussi de la Serbie, de la Bulgarie, de l’Ukraine et de la Moldavie ; en somme, pas des destinations très prisées de la jeunesse européenne il faut se l’avouer. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que, contrairement à ses voisins comme la Hongrie ou encore la Croatie, qui sont des destinations populaires pour voyager et faire la fête, la Roumanie ne jouit pas de la même popularité.

Il est vrai que, sans rentrer dans les détails, ce pays est souvent victime de mauvaise publicité due à divers domaines. En effet, plusieurs éléments tels que la mendicité ou encore la prostitution y sont fréquemment rattachés. Il me semble important de rappeler que ces éléments ne sont évidemment pas forcément liés ; selon moi, un rapprochement entre divers problèmes sociaux et tout un pays sans distinction n’a pas lieu d’être. Cependant, bien que survolant des sujets à polémique pour le contexte, le but principal du présent article reste de vous faire découvrir un nouveau lieu d’intérêt. En espérant donc avoir suscité un minimum votre intérêt et/ou votre envie de découverte : direction Bucarest, vous me suivez ?

Le premier élément que l’on ne peut ignorer est que la Roumanie est un pays pauvre. Enfin, pauvre au niveau de l’économie (un des plus pauvres d’Europe d’ailleurs), car très riche d’autres points de vue (mais nous y reviendrons). La monnaie roumaine étant le Lei, le taux de change est très favorable à notre budget (un Franc suisse valant environ 4 Lei roumain). Profitez donc de vous offrir des petits plaisirs de vacances tels que des sorties au restaurant ou des virées shopping. Si vous optez pour les restaurants, mettez de côté le fast-food et autres nourritures connues pour découvrir la culture culinaire roumaine ; en effet, énormément de plats qui nous sont inconnus sont à vous ravir les papilles. Je vous conseille de goûter la salate de Vinete, sorte de mousse d’aubergine à tartiner sur des toasts avec des tomates et des oignons, ou encore la Zakuska, une sorte de tapenade faite de tomates, poivrons et aubergines. Comme plat de résistante, goûtez les mici (prononcé mitch)/mititei, des petites saucisses de viande délicieuses et accompagnez-les de polenta, plat dont les Roumains sont friands. Si, au contraire, vous préférez dépenser vos économies dans le shopping, vous ne manquerez en tout cas pas de choix au niveau centres commerciaux. Je vous conseille cependant de passer par le quartier d’Obor ; bordé de nombreux shops seconde main, vous y trouverez sans nul doute chaussure à votre pied si vous aimez chercher un peu.

Bucarest est une ville qui a énormément de choses à offrir du point de vue de la culture, de l’art ou encore de l’architecture. Surnommée « le petit Paris » elle comporte divers monuments rappelant la France tels qu’un arc de triomphe, une place dédiée à Charles de Gaulle et de nombreux de bâtiments construits par des architectes français. Cette ville présente d’ailleurs un style architectural très varié, divisé entre d’énormes bâtiments de l’époque communistes, des bâtiments de style médiéval ou encore des églises orthodoxes à l’architecture remarquable. Les Roumains étant très croyants, vous aurez l’occasion de croiser bon nombre de ces églises sur votre chemin. Bien que je ne sois pas plus pratiquante que cela, je ne regrette pas d’en avoir franchi la porte plus d’une fois.

Si vous désirez visiter la ville à proprement parler, partez à la découverte des ruelles pavées du quartier de Lipscani. Arrêtez-vous découvrir la librairie du Carousel; grouillant de livres, d’images et d’accessoires en tout genre qui vous donneraient envie de vider votre porte-monnaie c’est un endroit à l’architecture originale et agréable à visiter. Profitez d’ailleurs de votre visite dans ce coin de la ville pour vous rendre dans les nombreux bars qui y sont présents, ce quartier étant connu pour être un des plus animés de Bucarest.

Une des nombreuses ruelles du quartier de Lipscani © Leila Rossato

Pour compléter votre visite, il vous reste encore plusieurs monuments à découvrir. Le plus célèbre, bien qu’il ne rappelle pas une période plaisante, est le palais de l’ancien dictateur Ceausescu. Mesurant plus de 270m x 240m de long sur 86m de haut, il comporte plus de 1000 salles ; c’est surement le bâtiment le plus imposant que j’ai eu l’occasion de voir à ce jour. Il est possible de le visiter, vous pourrez ainsi vous rendre compte de par vous-même de la mégalomanie du personnage. Un autre monument à ne pas rater est l’Athéneul, plus connu comme l’opéra de Bucarest ; accueillant encore des concerts de nos jours, c’est un bâtiment à mettre sur votre itinéraire.

Amateurs d’art, vous serez servi-e-s ! Énormément de choix de musées d’art s’offrent à vous à Bucarest. Si vous aimez l’art et l’histoire, faites d’une pierre deux coups en visitant le Musée d’art roumain ancien et faites un tour à l’exposition moderne pour terminer la visite en beauté. Passez aussi faire un tour au Musée d’art contemporain (MNAC) se trouvant dans l’enceinte du palais de Ceausescu ; il présente diverses expositions temporaires d’artistes roumains qui valent le détour. Un autre des musées que nous aurions aimé voir mais qu’il ne nous a pas été possible de visiter par rapport aux horaires d’ouverture est le Musée des collections ; un musée regroupant les collections d’art qui ont été enlevées aux collectionneurs durant la période communiste.

Musée national d’art contemporain MNAC © Leila Rossato

S’il m’a paru important de vous faire découvrir divers éléments culturels ainsi que plusieurs points d’intérêt de la ville, il me semble aussi utile de vous donner quelques informations sur ses habitants. Il faut savoir qu’il existe une différence entre le peuple roumain, qui vient de Roumanie uniquement et le peuple rom, qui a des origines diverses. Comme le site nadara.org[1] l’explique, « Le peuple rom désigne les Tsiganes établis en Europe de l’Est ». Souvent confondus, ceci venant sûrement du fait qu’une partie du peuple rom vit en Roumanie, l’amalgame se fait facilement.

Si vous désirez faire une escapade à l’extérieur de la ville afin d’en voir un peu plus, allez visiter la célèbre région de la Transylvannie, connue pour ses mythes concernant les vampires et ses forêts fournies. Bien que Bran (l’endroit où le château de Dracula se trouve) ou encore Brasov soient les lieux les plus connus des touristes, prenez quelques heures de plus et allez jusqu’à Sibiu ou Sighisoare. Faute de temps nous n’avons malheureusement pas pu tenter l’expérience mais des locaux nous l’on vivement conseillé.

Finalement, le plus important de tous les conseils que je pourrais vous donner serait de bien choisir le moment de votre voyage. La Roumanie peut subir d’énormes différences de température ; autant des hivers glaciaux à -15 degrés que des étés étouffants à 35 degrés. L’idéal pour y aller selon moi est l’entre saison, soit environ d’avril à juin ou de septembre à octobre.

Cet article terminé, j’espère vous avoir donné envie de rajouter une destination à votre liste de voyages à faire. Je n’ose douter que les billets Genève-Bucarest augmenteront follement dans les semaines à venir ou, du moins, si je dois réviser mon objectif à la baisse, j’espère au moins ne plus entendre de personnes confondant Hongrie et Roumanie, Budapest et Bucarest ou encore Roms et Roumains, j’aurais au moins été utile.

Leila Rossato

[1] http://www.nadara.org/romsnad3.html

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